Eléphants et cascades de l’est

Nous voici dans la région du Mondulkiri pour deux journées avec l’association Mondulkiri Project : une journée de rencontre avec les éléphants et une journée de trek avec un guide local de l’ethnie bunong. Princess et Sophie, les deux éléphants du projet, ont 45 et 55 ans. Elles ont chacune leur petit caractère : Princess est une paresseuse qui aime se prélasser dans son bain et Sophie est une gourmande qui adore les bananes et qui est devenue le plus gros éléphant de la région depuis son arrivée dans l’association. Ces deux éléphants étaient auparavant utilisés comme animaux de trait et promenaient les touristes sur leurs dos en saison. Comme beaucoup d’éléphants domestiques, elles étaient surexploitées voire maltraitées. Les propriétaires ne leur laissaient pas le temps de manger leur ration quotidienne de 100 à 200 kg de feuilles, de prendre leur bain et encore moins de se reproduire. Selon les mots du fondateur, « Mondulkiri Project leur permet de se comporter à nouveau comme des éléphants ». Elles vivent maintenant en semi-liberté dans une petite parcelle de jungle protégée par l’association et elles ne travaillent plus.

image

Nous passons notre journée avec Princess et Sophie en compagnie de nos amis cyclistes rennais. Au programme : régaler les éléphants avec quelques bananes, les suivre un peu dans la jungle puis prendre notre bain avec eux.

image

Les éléphants se baignent chaque jour pour éviter les infections de peau et aussi parce qu’ils aiment ça. C’est une expérience incroyable de nager à côté d’un éléphant et de lui frotter le dos! Malheureusement, il ne reste plus que 52 éléphants dans le Mondulkiri et la jungle est brûlée pour être remplacée par des plantations comme nous avons pu le voir au cours de notre journée de trek le lendemain…

image

Nous avons été choqués par la déforestation massive et récente de l’est du Cambodge. Le lonely planet, écrit il y a deux ans, décrit cette région comme la plus sauvage du Cambodge… L’emprise des vietnamiens et des chinois sur les terres arables a définitivement changé le paysage.

image

Nous remontons ensuite vers le nord et la région du Ratanakiri avec Johan, un suédois rencontré au cours de notre trek (à droite sur la photo). Ce sont les mêmes paysages de plantations à perte de vue qui ont remplacés la jungle… Grâce au tourisme, il reste cependant quelques oasis de nature autour de belles cascades. Nous louons donc une moto pour faire le tour des chutes.

image

Nous ne sommes pas les seuls à venir nous rafraîchir, beaucoup de cambodgiens et de moines affectionnent la baignade.

image

Nous rejoignons maintenant la ville de Stung Treng qui sera notre dernière escale cambodgienne avant de traverser la frontière du Laos, notre prochaine destination. Nous en profitons pour poster quelques cartes. Ici à la poste nous sommes loin des objectifs de rentabilité et il n’y a pas de problème de crèche!

image

Les temples d’Angkor et la découverte du Mékong

Angkor est l’une des raisons qui nous ont amenées en Asie du Sud-Est. La mystérieuse cité d’Angkor était tellement immense qu’elle aurait abrité un million d’habitants au 11ème siècle tandis que Londres n’en comptait que 50 000. L’ingéniosité de son réseau d’irrigation, la démesure de ses temples tous finement sculptés et ornés de fresques gigantesques sont les vestiges d’une civilisation extraordinairement avancée. Pourtant cette ville a été oubliée, livrée à la jungle au fil des siècles. Les célèbres ruines d’Angkor ont servi de décor à de nombreux films comme Deux frères ou Tomb Raider. Le temple de Ta Prohm en particulier est un décor magnifique avec cette jungle qui semble l’avaler.

image

Ce sont des images qui nous ont fascinées depuis si longtemps qui sont là, devant nos yeux.

image

Le Bayon, l’un des temples mythiques, nous a également ébahi. Des dizaines de visages de pierre nous entourent, tous habités de ce même sourire énigmatique. Nous nous sentons observés : partout où nous nous trouvons, un visage nous regarde.

image

Et bien entendu le majestueux Angkor Wat, le seul temple qui est toujours resté en activité et n’a jamais été abandonné à la jungle.

image

A Angkor Wat, les singes profitent également du tourisme. Il faut bien ranger sa bouteille d’eau ou son paquet de chips car un singe a vite fait de vous le prendre des mains et il sait très bien les ouvrir, malin!

image

Après une journée de visite des temples en tuk tuk sous une chaleur harassante…

image

… Nous décidons de reprendre la route pour chercher un peu de fraîcheur vers les montagnes de l’est. Mais une étape importante nous arrête en chemin : le légendaire Mékong. Nous voici dans la ville de Kratie au bord du fleuve. Nous louons des vélos, traversons en bateau et c’est parti pour une journée de balade sur l’île de Koh Trong, au milieu du Mékong.

image

Un village flottant vietnamien borde la petite île.

image

De beaux oiseaux colorés virevoltent sur les berges.

image

Au cours de cette journée, nous faisons la connaissance d’autres cyclistes : une famille de rennais en voyage pour sept mois en Asie tout en vélo! Nous passerons les quelques jours suivants avec Sylvie, Josselin et leurs trois enfants : Ninon (9 ans), Plume (7 ans) et Edern (3 ans), leur blog : cinq-a-cycle.blogspot.com. Ils lâcheront leurs vélos pour un petit détour en bus afin de rendre visite aux éléphants du Mondolkiri.

image

Nous vous raconterons notre rencontre avec les éléphants dans le prochain article!

Koh Rong Samloem et Chi Phat au Cambodge

Après quelques heures de vol nous arrivons à Phnom Penh, au Cambodge. Le décalage horaire et la plongée dans une culture totalement différente sont un peu rudes, mais nous rentrons vite dans le vif du sujet avec nos premiers repas… Le déjeuner et le dîner de notre jour d’arrivée sont très pimentés, et avec la chaleur c’est double effet! Le lendemain, nous prenons notre premier petit-déjeuner au marché : pour moi des nouilles sautées et Eliot tente une soupe avec de petits morceaux noir qui flottent et qui s’avèrent être du foie, sûrement la seule chose qu’il n’aime vraiment pas manger… Nous ne restons qu’une journée à Phnom Penh, le temps de visiter le Palais Royal et le Musée National.

image

Puis nous partons directement pour les îles du sud : nous avons envie de tranquillité pour nous remettre de ce changement de continent. Après un bref passage à Sihanouk Ville et sur l’île de Koh Rong, où nous rencontrons notre premier gecko local de trente centimètres dans notre chambre…

image

… nous trouvons notre havre de paix sur l’île voisine de Koh Rong Samloem, magnifique! Nous prenons un bungalow chez Fanfan, un français en couple avec une cambodgienne, et nous nous sentons vite comme chez nous. Fanfan n’a que trois bungalows, trois tentes ainsi que son petit resto, et c’est à chaque client d’écrire lui-même sa note qu’il règle à la fin de son séjour. Et oui, il y a des choses plus importantes à faire dans la vie, comme la pêche par exemple! A peine arrivé, Eliot se fait réquisitionner pour une partie de pêche et il y retournera plusieurs fois.

image

Il faut dire que nous ne nous lassons pas de cette mer limpide à 28° sur fond de sable blanc… D’autant plus lorsque nous ouvrons la porte de notre bungalow le matin.

image

Et puis nous avons rencontré une bonne équipe d’Europe du Sud : Lodo d’Italie, David du Portugal et Jordi de Catalogne (à droite sur la photo ; Fanfan, son fils et leur chien à gauche).

image

Nous avons visité l’île ensemble, nous sommes notamment montés dans un phare d’où la vue était superbe.

image

Seul bémol du séjour, Eliot s’est fait piquer par quatre ou cinq grosses guêpes dans la forêt et il a développé un urticaire assez impressionnant. Heureusement, avec un antihistaminique, le lendemain matin c’était fini!
Après une bonne soirée barbecue avec la pêche du jour des garçons, nous quittons Koh Rong Samloem direction le village de Chi Phat qui a développé une activité éco-touristique et communautaire. Accompagné de Jordi, nous mettons une matinée de bus, et deux heures de bateau avant d’atteindre ce village reculé.

image

Dès le lendemain matin de bonne heure, nous partons pour deux jours de trek avec nuit en hamac dans la jungle.

image

Nos guides nous préparent les repas sur place. Parfois, il ne vaut mieux pas voir quelle eau ils utilisent, mais c’est très bon! Cette sorte de chou par exemple est très utilisée dans les plats khmers.

image

La baignade dans la rivière à la fin de la première journée fût la bienvenue pour nous détendre les jambes et nous n’étions pas les seuls à en profiter.

image

De retour au village, nous reprenons la route en scooter cette fois, après avoir traversé la rivière avec nos chauffeurs et montures.

image

Etrange escale

Avant de changer de continent, nous décidons de faire escale trois jours à Los Angeles. Le vol secoue un peu, en particulier à l’atterrissage.

image

Heureusement, les autochtones nous accueillent chaleureusement et nous nous remettons vite de nos émotions.

image

Le trajet jusqu’à notre logement semble simple : passer par la forêt de réverbères,

image

Traverser le port à la nage en évitant les gros poissons (ou attendre la fin de la pêche pour plus de sécurité),

image

Mais nous tombons nez à nez avec un phoque, nous pensons avoir été trop loin et être arrivés à San Francisco

image

Nous demandons alors notre chemin à un certain Mitch qui nous confirme que nous sommes sur la bonne route, ouf!

image

Enfin arrivés, nous garons bien notre voiture hors du parc car les animaux peuvent faire des dégâts la nuit…

image

Le trajet ayant été un peu éprouvant, nous nous arrêtons faire un check up chez un docteur vert. Il nous conseille de nous relaxer et nous préconise pour cela une tisane à base d’herbes, sa spécialité.

image

Voilà une escale qui fût courte mais bien animée! Nous partons maintenant vers le continent asiatique avec comme première destination le Cambodge.

Histoire inspirée de faits réels de la vie, la vraie. Merci aux Universal Studios, au LACMA ainsi qu’au phoque de la plage de Santa Monica.

San Cristóbal de las Casas

Après la jungle de Palenque, nous prenons la route pour la ville de San Cristóbal de las Casas, toujours dans l’état mexicain du Chiapas. San Cristóbal et ses alentours sont intéressants à plus d’un titre. Tout d’abord, il s’agit d’une belle ville coloniale des hauts plateaux.

image

Elle fût également l’une des bases de la révolte antimondialiste zapatiste qui éclata le 1er janvier 1994, jour de l’entrée en vigueur de l’Alena (accord de libre-échange nord-américain).

image

Le calme est vite revenu dans la ville, mais de nombreux sympathisants du mouvement venus du monde entier s’y sont installés depuis. Des communautés autonomes zapatistes perdurent dans les villages alentours bien que l’ampleur du mouvement se soit atténuée.

image

San Cristóbal est aussi au coeur d’une des régions les plus indiennes du Mexique. Les communautés qui l’entourent ont conservé une forte culture traditionnelle, très différente d’un village à l’autre. Par exemple à San Juan Chamula, le catholicisme a été « adapté » aux moeurs et coutumes pré-colombiennes de la communauté. Les habitants étant polygames, le mariage n’existe pas, il n’y a qu’un seul sacrement : le baptême. Les anciennes divinités ont été remplacées par des saints dont les fidèles viennent vénérer la statue suivant le pouvoir qui lui est attribué. A l’intérieur de l’église, ni banc ni autel, mais des milliers de bougies, des nuages d’encens, le sol recouvert d’aiguille de pin et des guérisseurs à qui les fidèles apportent poules, oeufs, alcool ou coca-cola pour évacuer maladies et mauvais esprits.

image

Par respect, il est interdit de prendre des photos à l’intérieur de l’église, mais je peux vous assurer que cette ambiance complètement mystique est une expérience inoubliable! San Juan Chamula est une communauté autonome, c’est à dire qu’elle a sa propre police et son propre tribunal. Voici par exemple des policiers municipaux, vêtu du vêtement traditionnel en laine, que l’on peut reconnaître grâce à leur bâton.

image

Les coutumes des indiens de ce village évoluent aussi avec leur temps. Par exemple, il est d’usage d’enterrer un mort avec ce qui lui sera nécessaire pour son voyage vers l’autre monde. Aujourd’hui, en plus de son déjeuner et de ses vêtements traditionnels, il part également avec son téléphone portable et un coca-cola… C’est certainement à San Juan Chamula que Coca-Cola a réussi sa plus belle opération marketing sans le vouloir : le coca remplace ici une boisson ancestrale à base de maïs qui provoque des rots permettant d’expulser les mauvais esprits! Concernant la nourriture, pas de bizarreries, la base est classique : tortillas et haricots rouges.

image

C’est à San Cristóbal de las Casas que nous clôturons notre périple en Amérique Centrale. Comme le dit Eliot, c’est la fin des haricots… Nous prenons maintenant la direction du continent asiatique.