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San Cristóbal de las Casas

Après la jungle de Palenque, nous prenons la route pour la ville de San Cristóbal de las Casas, toujours dans l’état mexicain du Chiapas. San Cristóbal et ses alentours sont intéressants à plus d’un titre. Tout d’abord, il s’agit d’une belle ville coloniale des hauts plateaux.

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Elle fût également l’une des bases de la révolte antimondialiste zapatiste qui éclata le 1er janvier 1994, jour de l’entrée en vigueur de l’Alena (accord de libre-échange nord-américain).

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Le calme est vite revenu dans la ville, mais de nombreux sympathisants du mouvement venus du monde entier s’y sont installés depuis. Des communautés autonomes zapatistes perdurent dans les villages alentours bien que l’ampleur du mouvement se soit atténuée.

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San Cristóbal est aussi au coeur d’une des régions les plus indiennes du Mexique. Les communautés qui l’entourent ont conservé une forte culture traditionnelle, très différente d’un village à l’autre. Par exemple à San Juan Chamula, le catholicisme a été « adapté » aux moeurs et coutumes pré-colombiennes de la communauté. Les habitants étant polygames, le mariage n’existe pas, il n’y a qu’un seul sacrement : le baptême. Les anciennes divinités ont été remplacées par des saints dont les fidèles viennent vénérer la statue suivant le pouvoir qui lui est attribué. A l’intérieur de l’église, ni banc ni autel, mais des milliers de bougies, des nuages d’encens, le sol recouvert d’aiguille de pin et des guérisseurs à qui les fidèles apportent poules, oeufs, alcool ou coca-cola pour évacuer maladies et mauvais esprits.

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Par respect, il est interdit de prendre des photos à l’intérieur de l’église, mais je peux vous assurer que cette ambiance complètement mystique est une expérience inoubliable! San Juan Chamula est une communauté autonome, c’est à dire qu’elle a sa propre police et son propre tribunal. Voici par exemple des policiers municipaux, vêtu du vêtement traditionnel en laine, que l’on peut reconnaître grâce à leur bâton.

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Les coutumes des indiens de ce village évoluent aussi avec leur temps. Par exemple, il est d’usage d’enterrer un mort avec ce qui lui sera nécessaire pour son voyage vers l’autre monde. Aujourd’hui, en plus de son déjeuner et de ses vêtements traditionnels, il part également avec son téléphone portable et un coca-cola… C’est certainement à San Juan Chamula que Coca-Cola a réussi sa plus belle opération marketing sans le vouloir : le coca remplace ici une boisson ancestrale à base de maïs qui provoque des rots permettant d’expulser les mauvais esprits! Concernant la nourriture, pas de bizarreries, la base est classique : tortillas et haricots rouges.

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C’est à San Cristóbal de las Casas que nous clôturons notre périple en Amérique Centrale. Comme le dit Eliot, c’est la fin des haricots… Nous prenons maintenant la direction du continent asiatique.

Palenque au sud du Mexique

Nous quittons le Guatemala pour le Mexique. Notre traversée de la frontière par voie terrestre est plutôt surprenante. Nous sommes seuls avec un autre voyageur malade et un guatémaltèque. Après trois heures de pistes caillouteuses dans la campagne profonde, nous passons le poste frontière de sortie du Guatemala. Nous roulons encore une heure sur une petite piste et le guatémaltèque, qui ne s’est pas fait contrôler, descend avec sa mallette au milieu de nulle part. Le minibus nous laisse ensuite au bord de la rivière qui sépare les deux pays et nous traversons en barque. ce fût un peu un voyage hors du temps…

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Et nous voici au Mexique, dans l’état du Chiapas. Après encore quelques heures de route, nous arrivons à Palenque, un site superbe qui abrite les ruines d’une cité Maya au milieu d’un parc naturel immense. Nous trouvons à nous loger dans la jungle, près de l’entrée du site archéologique, dans une cabane plutôt agréable avec sa vue panoramique.

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Eliot part faire quelques courses en ville et revient avec de quoi faire une salade pour le pique-nique, dont quelques piments achetés à une femme dans la rue qui lui a conseillé les moins forts. Il les goûte, et là, le feu envahit sa bouche… Heureusement qu’il s’agissait des moins forts : bienvenue au Mexique!
La météo n’étant pas favorable, nous choisissons de découvrir le centre de réintroduction des aras rouges.

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Les aras rouges ont disparus de la zone (et de quasiment tout le Mexique) il y a plus de 70 ans à cause du trafic d’animaux. Une centaine de aras nés dans le centre sont déjà retournés dans la jungle et de nombreux autres vont bientôt les rejoindre. C’est un spectacle magique de voir ces grands oiseaux multicolores voler en liberté au dessus de nos têtes, nous restons bouches bées. Nous avons aussi la chance de pouvoir nourrir quelques uns d’entre eux, trop apprivoisés pour retourner à la vie sauvage. Le centre est également un refuge pour d’autres animaux victimes de trafic ou de braconnage, comme ce petit oiseau très familier.

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Le lendemain, le temps ne s’est pas amélioré, mais nous sommes dans une forêt pluviale, il ne faut pas espérer un grand ciel bleu facilement. Nous décidons tout de même de partir à la découverte de la cité Maya. La majorité des palais et des temples de Palenque furent construits au 7ème siècle, sous le règne de Pakal le Grand, le plus célèbre des rois Maya. C’est à cette époque que Palenque fût la plus resplendissante, éclipsant même Tikal avec qui elle avait conclu une alliance.

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Les édifices sont un peu moins impressionnants que ceux de Tikal, mais ce qui caractérise Palenque, ce sont les nombreux ornements et inscriptions en glyphes gravés dans la pierre qui décorent ses façades.

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La civilisation Maya avait une connaissance avancée en astronomie ce qui leur a permis d’élaborer un calendrier très précis qui s’arrête au 21 décembre 2012, pour ceux qui s’en souvienne. Ils étaient également de bons mathématiciens, ce qui leur a permis l’exploit de construire ces cités sans connaître la roue et sans utiliser d’animaux de trait. Pourtant, ils n’étaient pas bien grands comme en attestent les portes…

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L’élément essentiel au développement de telles cités était l’abondance d’eau. Palenque ne déroge pas à cette règle : de nombreuses sources et rivières jalonnent le site.

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