Tous les articles par Audrey

Eliot et moi avons décidé de partir en voyage pendant un an et nous avons créé ce blog pour que notre famille, nos amis et pourquoi pas d'autres personnes puissent nous suivre.

Road-trip moto au Vietnam

Nous quittons le Laos pour le Vietnam et nous arrivons à Dien Bien Phu où nous nous promenons quelques heures avant de reprendre un bus de nuit pour Hanoï. Arrivés à Hanoï à 7h du matin, nous partons en quête d’une moto. Vers midi nous devenons propriétaires d’une Honda Win de 100 cc, un vrai bolide! Ceci étant fait, nous décidons de partir le soir même en train couchette avec notre moto à bord vers les montagnes du Nord. Bref, un enchaînement efficace!

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Au petit matin, nous entamons notre périple le long de la frontière chinoise.

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Nous pouvons parler de périple car entre les routes de montagnes en mauvais voire très mauvais état et notre carte du Vietnam achetée 1$ pour seul guide, les journées sont éprouvantes. Mais quelle aventure! Les paysages sont superbes et les petites bourgades isolées que nous traversons ne doivent accueillir que trois touristes par an car tous les regards sont braqués sur nous et personne ne comprend un mot d’anglais… C’est également une aventure culinaire car nous ne savons généralement pas ce que nous mangeons. Un soir nous avons essayé de petites bêtes en sauce que nous pensons être des grenouilles mais le doute subsiste qu’il sagissait de rats…

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C’est très amusant de se promener sur les marchés au milieu de toutes ces ethnies des montagnes aux tenues traditionnelles différentes, comme les Hmongs Fleurs très colorés, et que ce soit nous la curiosité! Eliot en particulier a beaucoup de succès avec sa barbe, les enfants veulent la toucher et les adultes prendre des photos avec lui. Un soir dans un restaurant, il se fait même appelé Lénine.

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Ici, le travail de la terre est encore très traditionnel, la culture du riz en plateau s’effectue à la main ou à l’aide d’un boeuf pour le labour.

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Après une semaine de road-trip au fin fond du Vietnam, nous regagnons  Hanoï en nous arrêtant une dernière nuit en chemin. Nous trouvons un hôtel pratiquant des prix à l’heure (et oui, notre premier hôtel de passe!) à côté duquel nous dégustons une fondue vietnamienne au poulet (avec tout le poulet, même la tête).

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De retour à Hanoï, nous revendons la moto en piteux état : circuit électrique grillé, frein arrière usé et un jeu dans la fourche avant… Mais grâce à notre Honda Win, nous avons vécu des moments inoubliables!

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Les montagnes et les ethnies du nord

Nous remontons la rivière Nam Ou vers le nord et nous arrivons à Muang Ngoi Neua, charmant petit village accessible en bateau uniquement.

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Nous y retrouvons Marie et Michele, un couple franco-italien rencontré quelques semaines auparavant à la frontière Cambodge-Laos. Ensemble, nous avons inventé une nouvelle attraction touristique : le « buffaling ». Et oui, après le « tubing » (descente de la rivière sur une chambre à air) et le bain des éléphants, pourquoi pas la baignade en rivière avec un buffle d’eau? Un business à développer! En attendant, Eliot et Michele ont testé.

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Après une tentative de départ de nos amis la veille, qui s’est soldée par une panne, une voie d’eau et un retour au port, nous prenons le bateau ensemble le lendemain pour une journée sur la Nam Ou en direction de Muang Khua. Nous sommes nombreux sur le bateau en raison de l’échec de la traversée de la veille, mais l’ambiance est conviviale!

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Cela n’a pas empêché notre capitaine de compléter le chargement avec quelques énormes poissons achetés à des pêcheurs en chemin.

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Arrivés à Muang Khua, nous quittons nos amis qui partent pour le Vietnam et nous prenons un bus pour atteindre Phongsali, la ville la plus au Nord du Laos. Le voyage est un peu épique à cause d’un chargement de plaques ondulées sur le toit du vieux bus. Le poids des plaques fait bouger le plafond et alourdit tellement le véhicule que je sens la roue frotter le plancher sous mon pied dans les virages…

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Nous arrivons finalement à Phongsali avec quelques heures de retard. Peu de touristes viennent jusqu’à cette ville. Nous faisons donc tous vite connaissance et nous montons un groupe de huit personnes pour partir en trek de deux jours dans les montagnes, à la rencontre des ethnies Akha et Phounoy.

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Ces ethnies ont chacune leur propre langue et leur propre culture. Les Phounoy sont bouddhistes tandis que les Akha sont animistes et croient aux esprits de la forêt. Nous en ferons l’expérience le soir où nous dormons dans la maison du chef d’un village Akha. Nous sommes installés sur la terrasse, après le repas, quand nous entendons des explosions. Nous pensons d’abord à un feu d’artifice jusqu’à ce que le fils du chef du village sorte son fusil, ou plutôt son mousquet tellement cette arme est d’un autre âge, et se mette à tirer sur la lune… Il s’avère qu’un nuage voilait la lune et que tout le village s’est mis à tirer sur « l’animal qui mange la lune » pour la sauver!
Le lendemain, la lune étant saine et sauve, nous accompagnons une femme Akha récolter des légumes dans son jardin pour notre repas du midi.

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Les villageois pratiquent traditionnellement la culture sur brûlis. Mais, comme nous avons pu le voir dans de plus vastes proportions au Cambodge, les cultures sont de plus en plus destinées à l’exportation et le défrichement de la forêt avance à mesure que la demande en canne à sucre ou en maïs des chinois et des vietnamiens augmente.

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Pendant le trek, notre guide nous offre un superbe pique-nique de produits du marché, succulent!

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Puis nous retournons à Phongsali et notre visite dans la région des minorités du Laos s’achève.

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Nous prenons maintenant la route pour le Vietnam.

Luang Prabang et la rivière Nam Ou

Après notre séjour récréatif à Vang Vieng, nous voici dans un cadre plus spirituel à Luang Prabang, la ville aux 33 temples, joyau du Laos bordé par le Mékong et la rivière Nam Khan.

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Luang Prabang est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1995 ce qui a contribué à sa conservation et sa restauration. Ici pas d’immeubles en béton, les maisons traditionnelles en bois s’alternent avec les temples et les maisons coloniales françaises. Cette belle architecture combinée au calme laotien et à la ferveur bouddhique font de Luang Prabang une ville touristique mais dans laquelle on peut se sentir à l’écart du monde. Chaque matin à l’aube, les bonzes habillés de leurs tuniques safran forment de longues files pour recevoir le riz et autres offrandes de la part des habitants agenouillés dans la rue. Pendant cette cérémonie silencieuse, les moines doivent méditer sur le thème de la pauvreté et les fidèles sur celui de la générosité.

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Malheureusement ce rituel est devenu une attraction et nombre de touristes ne respectent pas les règles de silence et de distance.
Pendant notre séjour à Luang Prabang, nous sommes également partis en tuk-tuk (avec un vrai chauffeur) pour une journée d’excursion dans un parc proche de la ville.

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Nous y avons visité un centre de sauvetage d’ours malais rescapés du braconnage.

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Nous avons en effet pu constater que le braconnage est courant et non dissimulé. Par exemple, lors d’une pause pendant un trajet de bus, nous avons vu une énorme bouteille d’alcool de riz garnie de pattes d’ours, et une autre fois deux oursons vivants dans une petite cage. Il nous arrive aussi de voir d’autres espèces protégées en vente sur un étal de marché, mais heureusement beaucoup moins que des rats et des écureuils…

Nous quittons ensuite Luang Prabang pour poursuivre notre route vers le nord et nous arrivons à Nong Khiaw, au bord de la rivière Nam Ou.

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Nous louons des vélos et nous partons sur une piste qui longe la rivière. Au bout de deux heures, nous arrivons dans un petit village isolé.

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Cette promenade n’étant pas dans les guides, peu de touristes doivent venir jusqu’ici. Le contact avec les habitants est donc particulièrement sympathique. Pendant qu’Eliot joue avec un petit garçon et des chiots, je « discute » comme je peux avec une femme qui file la laine et ses petits enfants.

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Le lendemain avant l’aube, nous grimpons au sommet d’une des montagnes qui entourent le village pour admirer le levé du soleil. La vue est splendide.

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En revanche, par ici il ne vaut mieux pas sortir des chemins balisés comme l’indique quelques écriteaux…

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A partir de Nong Khiaw, nous entamons ensuite la remontée de la rivière Nam Ou en bateau.

Laos, du sud vers le nord

Nous entrons au Laos par la frontière nord du Cambodge. Après quelques kilomètres, nous embarquons pour les 4000 îles où nous passons trois jours au milieu du Mékong.

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Nous nous laissons bercer par le rythme paisible des îles au cours de balades à vélo où nous découvrons la vie rurale laotienne qui va être notre quotidien pendant le mois à venir. Le Laos ne compte en effet que sept millions d’habitants dont les trois quart vivent de l’agriculture traditionnelle. Le pays est majoritairement recouvert de montagnes ce qui contribue certainement à faire perdurer ce mode de vie, mais aussi à préserver la nature. Les paysages des 4000 îles ont quelque chose d’apaisant et d’intemporel.

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Ca et là, d’anciennes maisons coloniales et constructions de l’époque française à l’abandon parsèment le décor, comme dans cette cour d’école.

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Mais il est vite temps de clore cette parenthèse insulaire pour entamer notre montée vers le nord du Laos avec une première étape à Pakse. Nous louons un scooter et partons pour trois jours de balade sur le plateau des Bolaven. Au programme, des cascades…

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et des villages où nous découvrons les marchés locaux (et oui, ce sont bien des rats sur l’étalage de droite, parmi d’autres étrangetés…).

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Notre périple lao se poursuit ensuite par un grand saut jusque Vang Vieng, une ville au nord de Vientiane la capitale, où nous nous arrêtons également pour trois jours. Il y a quelques années, Vang Vieng était réputée pour être un lieu de fête et de débauche. Mais depuis la venue d’un ministre en 2012, l’ordre a été rétabli et la ville a retrouvé son calme. Tant mieux car c’est un très bel endroit qui offre de multiples activités. Pour profiter au mieux de la nature et des paysages, nous nous sommes installés dans un bungalow un peu à l’écart de la ville.

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Puis nous avons arpenté la montagne lors d’une séance d’escalade (cherchez-moi sur la photo!),

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descendu la rivière en « tubing » (c’est à dire sur une chambre à air) avec des copains,

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visité l’une des nombreuses caves de la région,

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et terminé nos journées par une bonne partie de pétanque, un jeu très populaire au Laos (petite pensée pour nos amis nantais et nos apéro-boules de quartier!).

Eléphants et cascades de l’est

Nous voici dans la région du Mondulkiri pour deux journées avec l’association Mondulkiri Project : une journée de rencontre avec les éléphants et une journée de trek avec un guide local de l’ethnie bunong. Princess et Sophie, les deux éléphants du projet, ont 45 et 55 ans. Elles ont chacune leur petit caractère : Princess est une paresseuse qui aime se prélasser dans son bain et Sophie est une gourmande qui adore les bananes et qui est devenue le plus gros éléphant de la région depuis son arrivée dans l’association. Ces deux éléphants étaient auparavant utilisés comme animaux de trait et promenaient les touristes sur leurs dos en saison. Comme beaucoup d’éléphants domestiques, elles étaient surexploitées voire maltraitées. Les propriétaires ne leur laissaient pas le temps de manger leur ration quotidienne de 100 à 200 kg de feuilles, de prendre leur bain et encore moins de se reproduire. Selon les mots du fondateur, « Mondulkiri Project leur permet de se comporter à nouveau comme des éléphants ». Elles vivent maintenant en semi-liberté dans une petite parcelle de jungle protégée par l’association et elles ne travaillent plus.

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Nous passons notre journée avec Princess et Sophie en compagnie de nos amis cyclistes rennais. Au programme : régaler les éléphants avec quelques bananes, les suivre un peu dans la jungle puis prendre notre bain avec eux.

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Les éléphants se baignent chaque jour pour éviter les infections de peau et aussi parce qu’ils aiment ça. C’est une expérience incroyable de nager à côté d’un éléphant et de lui frotter le dos! Malheureusement, il ne reste plus que 52 éléphants dans le Mondulkiri et la jungle est brûlée pour être remplacée par des plantations comme nous avons pu le voir au cours de notre journée de trek le lendemain…

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Nous avons été choqués par la déforestation massive et récente de l’est du Cambodge. Le lonely planet, écrit il y a deux ans, décrit cette région comme la plus sauvage du Cambodge… L’emprise des vietnamiens et des chinois sur les terres arables a définitivement changé le paysage.

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Nous remontons ensuite vers le nord et la région du Ratanakiri avec Johan, un suédois rencontré au cours de notre trek (à droite sur la photo). Ce sont les mêmes paysages de plantations à perte de vue qui ont remplacés la jungle… Grâce au tourisme, il reste cependant quelques oasis de nature autour de belles cascades. Nous louons donc une moto pour faire le tour des chutes.

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Nous ne sommes pas les seuls à venir nous rafraîchir, beaucoup de cambodgiens et de moines affectionnent la baignade.

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Nous rejoignons maintenant la ville de Stung Treng qui sera notre dernière escale cambodgienne avant de traverser la frontière du Laos, notre prochaine destination. Nous en profitons pour poster quelques cartes. Ici à la poste nous sommes loin des objectifs de rentabilité et il n’y a pas de problème de crèche!

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