Un peu de travail tout de même

Après déjà trois mois de voyage, nous avons décidé de poser nos sacs deux semaines à La Mariposa, une école d’espagnol dans un village au coeur de la chaîne des volcans du Nicaragua. Au programme : trois heures de volontariat le matin, Eliot dans une ferme et moi dans une école, quatre heures de cours particuliers d’espagnol l’après-midi, puis soirée toujours en espagnol dans notre famille d’accueil nicaraguayenne. Ces deux semaines d’immersion en espagnol vont nous être bien utiles pour la suite du voyage. Au moins maintenant Eliot saura dire correctement « Je parle mal espagnol » plutôt que « Tu parles mal espagnol » aux nicaraguayens qui l’abordent!

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Les salles de cours de l’école sont extérieures, elles sont réparties dans le jardin. Chaque après-midi, nous suivons deux heures de cours de grammaire et deux heures de conversation avec deux professeurs différents. Ma salle de cours préférée est la terrasse au premier étage d’une cabane au milieu des arbres, à la hauteur des oiseaux. J’y étais quasiment tous les après-midi pour mon cours de grammaire.

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Les derniers jours, Eliot passait pas mal de temps à chercher des oeufs de poules dans le jardin avec son professeur de conversation au lieu de travailler… Ce jardin est superbe avec tous ces arbres et il n’est pas rare d’y croiser un Guardabarranco, l’oiseau emblème du Nicaragua.

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Ou des colibris de différentes couleurs qui viennent se nourrir du nectar des fleurs.

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Le matin, Eliot s’occupe du potager dont nous mangeons les légumes au déjeuner à l’école. Sa principale activité est d’arroser, mais il a aussi planté des légumes et aidé à creuser une latrine (un trou qui sert de toilettes).

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Pour ma part, je fais du soutien scolaire à la bibliothèque d’une école. C’est assez calme car en décembre et janvier ce sont les grandes vacances (nous sommes en été ici!). Il y a en moyenne cinq ou six élèves de six à douze ans qui viennent chaque matin. Je m’en sors plutôt bien avec quelques astuces, je leur fais par exemple des dictées de mots à l’aide d’un dictionnaire où je ne choisis que les mots que je sais prononcer correctement. Le seul soucis ce sont les divisions : sur le moment, impossible de me souvenir de la technique. Je leur ai donc dit qu’en France nous les faisons d’une autre façon et que je ne peux donc pas les aider, ce qui est bien sûr complètement faux…

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Bref, deux semaines bien remplies et très enrichissantes avec les autres étudiants quasiment tous anglophones, soit pour nous une double pratique de langues! Ce qui fût moins enrichissant c’est le régime végétarien forcé, nous n’avons mangé de la viande que deux fois en deux semaines, un peu difficile pour Eliot… Et nous avions droit au gallo pinto (la base alimentaire en Amérique centrale : riz et haricots rouge) à chaque repas, même au petit déjeuner :

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Le week-end nous avons pu profiter des activités organisées par l’école, comme l’ascension du volcan Mombacho, avec en récompense une superbe vue.

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Mais également une balade aux alentours de l’école avec la visite d’une ferme qui produit notamment de délicieux ananas.

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Et un beau point de vue sur les volcans alentours, dont celui de Masaya qui dégage une fumée blanche permanente.

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Maintenant l’école est finie et nous allons passer Noël à la plage.

Joyeux Noël à tous!

Granada

Après trois semaines d’aventures au Costa Rica, nous prenons un bus direction la belle ville de Granada, au Nicaragua.

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Granada fût fondée en 1524 par les espagnols, c’est l’une des plus vieilles villes coloniales du nouveau monde. Ses richesses attiraient la convoitise des pirates qui la mirent à sac trois fois entre 1665 et 1670. Granada fût également incendiée dans les années 1850 et une fois encore reconstruite.

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Héritage des colons, la religion catholique est très importante au Nicaragua, comme en atteste les nombreuses et imposantes églises de Granada.

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Les fêtes catholiques rythment la vie des habitants. Nous avons d’ailleurs vécu l’une d’entre elles, la Purísima, une semaine de célébration de la Vierge qui anime les rues chaque soir. Tout le monde est dehors, il y a des animations, des feux d’artifices, les enfants font exploser beaucoup de pétards et la semaine se clôture par une procession. Nous avons bien profité de la fête, comme par exemple lors de cette soirée avec Valentina et Sergio, une italienne et un espagnol rencontrés dans notre auberge.

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C’est aussi l’occasion de recroiser des personnes que l’on connait, comme cet habitant de Granada qui nous avait donné des indications dans un bus deux jours plus tôt. Les Nicaraguayens engagent facilement la conversation, ils aiment parler de leur pays et ils sont toujours prêts à donner des indications.

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En journée aussi la ville est très animée avec son marché et ses rues commerçantes.

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Des calèches sont utilisées comme taxis de ville, celle-ci est sponsorisée par un opérateur de téléphonie (anachronisme?).

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Le moment le plus calme est le début d’après-midi, quand la chaleur est vraiment forte et que chacun se repose dans son hamac de fabrication locale. Eliot, lui, a trouvé le plus grand hamac de la ville pour sa sieste!

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Et Noël se prépare ici aussi…

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Une petite pensée pour Max et Val qui devaient nous rejoindre mais qui ont dû changer de plan, heureusement à cause d’une bonne nouvelle!

Quelques jours sur la côte Caraïbe

Après notre séjour sur la côte Pacifique, nous traversons le Costa Rica pour rejoindre la côte Caraïbe. Le climat y est plus humide, il pleut au moins une fois par jour et ce ne sont pas de petites averses. Les paysages, la faune et la flore sont en conséquence un peu différents.

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La culture locale est aussi spécifique car la côte Caraïbe est peuplée d’afro-caribéens descendants d’immigrants jamaïcains. La cuisine à la coco, la musique reggae et le farniente font donc partis de l’ambiance, tout comme l’odeur de marijuana qui embaume les rues. L’océan est encore plus agité que sur la côte Pacifique et les vagues viennent se fracasser sur des plages de sable blanc ou de sable noir bordées de jungle, ce qui donne un côté très sauvage aux paysages.

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La particularité de la côte Caraïbe, ce sont aussi les boules de poils que l’on aperçoit souvent en haut des arbres : ce sont les paresseux qui n’ont pas volé leur nom. Comme si l’ambiance caribéenne était propice au farniente tant pour les hommes que pour les animaux! Parfois, nous avons eu la chance de voir un paresseux dans son court moment d’éveil de la journée. C’est vraiment un animal étrange et attendrissant.

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La jungle est cette fois encore peuplée de beaucoup d’habitants et nous avons fait de nouvelles rencontres, à sang froid notamment.

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Eliot est parti à la recherche de caïmans le long d’une rivière après avoir vu un panneau indiquant leur présence (moi je suis restée sur la plage!). Ce n’était pas la première fois qu’il partait à leur recherche, mais cette fois il en a trouvé un.

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Les caïmans sont très silencieux et très doués pour le camouflage… Et quand Eliot s’est aperçu de la présence de l’un d’entre eux, il était en train de traverser la rivière sur un tronc d’arbre et le caïman était dans l’eau à un mètre cinquante de lui! Autant dire que ça donne un coup de stress, même si les caïmans sont moins impressionnants que les crocodiles : ils mesurent au maximum un mètre cinquante et ne s’attaquent normalement pas à l’homme.

Nous avons aussi vu l’une des fameuses espèces de grenouilles colorées du Costa Rica.

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Lors de la visite d’un centre de secours pour animaux, Eliot a enfin pu photographier des toucans de près. En effet, ils sont difficiles à prendre en photo dans la jungle car ils sont souvent haut dans la canopée et à contre-jour. Les toucans sont tellement magnifiques que nous aurions été déçus de ne pas pouvoir vous les montrer!

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Une pensée pour Jessica et Reto, des compagnons de voyage suisses que nous avions rencontrés sur la côte Pacifique et que nous avons revus sur la côte Caraïbe. Nous avons passé de super bons moments ensemble 🙂

Quelques jours sur la côte Pacifique

Nous voici arrivés dans la péninsule de Nicoya, au bord de l’océan Pacifique. Nous dormirons notamment dans une auberge de jeunesse très sympa tenue par une israélienne qui organisera un grand dîner de shabbat pour tous le vendredi soir, mais aussi chez des italiens qui ont le chien qui pu le plus au monde (conséquence psychologique : Eliot n’arrêtait pas de se gratter). Côté activités, outre les balades et le farniente sur la plage, nous ferons du surf et Eliot a pu affronter ses premières vagues de deux mètres! Pour ma part, ce jour-là j’ai juste trempé mes pieds.
Nous n’avons pas vu de tortues pondre sur la plage la nuit de notre arrivée sur la côte, mais nous aurons la chance d’assister à la naissance de bébés tortues olivâtres sur une autre plage, sans crocodiles cette fois!
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Les volontaires de l’association « The Sea Turtle Conservation Program » s’occupent de collecter et de transplanter les nids de tortues dans une zone protégée en amont de la plage. Juste après l’éclosion, les volontaires rapportent les bébés tortues sur la plage et veillent à ce que leur course vers l’océan ne soit pas perturbée par des éléments extérieurs, comme une lumière qui pourrait les attirer dans une mauvaise direction.
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Il est courant de voir des tortues adultes sortir leur tête pour respirer à la surface de l’océan. Eliot a même eu la chance de voir deux tortues d’un mètre de long en pleine séance de reproduction juste à côté de lui lorsqu’il surfait. Il est également courant de croiser des iguanes aux abords de la plage.
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Et d’entendre les cris des singes hurleurs qui font vraiment froid dans le dos… Jusqu’à ce que l’on voit que c’est juste ce petit singe qui pousse ces cris effroyables.
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Les prairies fleuries sont quant-à elles le domaine privilégié des colibris.
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La jungle abrite des espèces d’arbres surprenantes comme ce ficus géant très impressionnant.
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La forêt est toujours omniprésente au Costa Rica, elle descend souvent jusqu’à l’océan.
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Nous avons par exemple dormi dans un bungalow au bord de cette plage entourée de jungle, un endroit superbe. En revanche le réveil a été un peu brutal pour Eliot ce matin là… Sa première vision fût un scolopendre (mille-pattes venimeux) qui grimpait sur sa joue, il a bondit à l’autre bout de la chambre!

Des volcans à l’océan au Costa Rica

Nous voici arrivés en Amérique Centrale pour un peu plus de trois mois et notre première destination est le Costa Rica. Le Costa Rica étant un pays assez cher, nous avons décidé de n’y passer que trois semaines. Nous allons visiter plusieurs parcs nationaux qui abritent notamment quelques-uns des volcans de la vallée centrale du pays.

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Ces parcs nationaux ne sont pas faciles d’accès, il faut emprunter des pistes sur des distances assez longues et nous sommes encore en saison des pluies. Nous avons donc loué un petit 4×4 pour deux semaines. Afin d’économiser un peu et aussi pour le côté nature, nous achetons une tente pour camper dans les parcs ou aux abords.

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Le côté nature nous l’aurons, nous serons à chaque fois seuls à camper et nous comprendrons vite pourquoi… A cause de la pluie bien sûr, mais de ce côté-là nous serons chanceux, par contre nous ferons de nombreuses rencontres avec la faune nocturne plus ou moins sympathique qui peuple les abords de la jungle. Par exemple cette tarentule qu’Eliot découvre en faisant un feu de camp.

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Mais aussi des scorpions, de multiples araignées, des scolopendres, une mue de serpent d’un mètre cinquante dans les toilettes, ainsi que des histoires de jaguar attaquant des veaux nous ferons parfois préférer la voiture plutôt que la tente pour dormir! Voici par exemple un serpent à sonnette de bonne taille croisé en chemin.

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Le camping au Costa Rica, c’est l’aventure en somme! Mais cela nous a permis de nous retrouver seuls dans certains parcs nationaux et de pouvoir profiter par exemple des sources chaudes volcaniques pour le bain du matin.

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En journée, nous nous sommes promenés à la découverte des effets insolites de l’activité volcanique, comme le Rio Céleste avec sa couleur incroyable due à une réaction chimique lors de la rencontre de deux cours d’eau.

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Mais aussi des bains bouillonnants, des geysers de boue et des fumerolles.

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Nous avons également admiré la beauté de la jungle.

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… Et de ses habitants diurnes moins hostiles!

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Puis nous avons rejoint l’océan pacifique pour notre dernière soirée de camping.

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Nous avons tenté d’aller voir les tortues pondre sur la plage de nuit, mais nous avons été refroidis par le gardien du parc qui nous dit « allez-y, il y en a peut-être de ce côté, mais n’allez pas trop loin, il y a des crocodiles à 300 mètres ».  Par une nuit sans lune et avec une lumière rouge qui éclaire juste à un mètre pour ne pas perturber les tortues, j’ai vite craqué et nous avons rebroussé chemin au bout de quelques mètres!